Galeristes

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Ils sont Galeristes

Informations

La galerie est ouverte
du mardi au samedi, de 14h à 19h

54, rue de la Verrerie
Fr – 75004 Paris

Portrait par Benoît Blanchard

Avant d'avoir l'occasion de lui parler, rencontrer Catherine Thieck c'est suivre ses mouvements ; sur la pointe des pieds elle glisse d'un artiste à un autre, assiste aux allées et venues des visiteurs, parmi eux des amis, des collectionneurs, elle les embrasse, les écoute. À chacun une évidence, celle qui lui est propre. En peu de mots et d'une infinie politesse, elle passe de l'un à l'autre avec l'aisance d'une maîtresse de maison rompue à la magie des détails qui font le charme des salons où chacun se sent chez soi mais jamais ne transgresse la ligne de la familiarité.

Pendant tout un temps il ne s'agit donc que de l'observer et de la savoir vous observer. Ensuite, c'est elle qui pose les questions, formulées à la manière de chausse-trappes du fond desquelles elle vous remonte comme si de rien n'était. Tout ceci se passe à grandes enjambées ; les quatre - peut-être plus - niveaux du Studiolo de la Galerie de France sont parcourus à l'allure d'une partie de cache-cache où le visiteur est toujours un peu perdant, mais où l'hôte des lieux refuse de se déclarer vainqueur. De la réserve, où nul ne va vraiment, à l'étonnante salle de réunion toute en longueur logeant une table comme seuls les diners d'artistes peuvent exiger la présence, l'espace de la galerie prend la forme d'un colimaçon, une vis sans fin.

C'est s'égarer que d'en chercher le terme, et quel amusement l'on prend à s'égarer ; les oeuvres qui y sont partout chez elles, les livres et catalogues qui occupent autant de place qu'il est possible d'en concevoir, les habitants même, montent et descendent sans jamais envisager un début ni une fin. La vis tourne en soi, mais ne tourne jamais sur soi.

De cette manière le Studiolo a épousé le fonctionnement de sa directrice : Catherine Thieck est mue par un regard qui la pousse en avant. Et ce regard en déséquilibre, chargé d'un soupçon de malice et d'une infinie bienveillance, découvre et redécouvre l'image du monde qui l'entoure. De ce monde elle exige les oeuvres, et de celles-ci, elle exige tout. Or, puisque tout est parfois trop peu, Catherine Thieck a choisi de s'extirper du costume des galeristes omnipotents. Ainsi, après avoir fait de la Galerie de France un lieu d'ouverture et d'éclosion, y avoir présenté à leurs débuts des artistes aujourd'hui historiques, vécu les prémices de l'art contemporain russe et chinois, elle décide de ne plus montrer que ses trouvailles. Or celles-ci sont avant tout une main tendue. Les artistes s'en saisissent et échafaudent avec elle des projets qui ne pourraient exister nulle part ailleurs. Ces oeuvres, ces expositions et ces livres partagent une nouveauté située hors du temps : la nouveauté des redécouvertes, que l'inépuisable désir du regard porte toujours un peu plus loin que là où l'on pensait les avoir vus pour la dernière fois.

Pour Catherine Thieck, aimer une oeuvre ce n'est pas la figer, tout au contraire, c'est l'entraîner dans la pente la plus glissante et, souvent, la plus risquée. La cajoler, et parfois aussi ne pas trop en dire pour lui donner du temps, c'est vivre avec. Portrait réalisé dans le cadre de Galeristes 2016

Expositions

Eugène Leroy, Aller au paysage, 2017
Eugène Leroy, Aller au paysage, 2017
Eugène Leroy, Aller au paysage, 2017

Artistes

Wallace Berman

Jean-Pierre Bertrand

Pierrette Bloch

Marcel Broodthaers

Paul-Armand Gette

Émilie Girault

Brion Gysin

Keith Haring

Rebecca Horn

Françoise Janicot

Jean-Claude Silbermann