Galeristes

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Ils sont Galeristes

Informations

La galerie est ouverte du
mercredi au samedi de 12h30 
à 19h sur rendez-vous

22, rue du Cloître-Saint-Merri
Fr – 75004 Paris

Portrait par Daniel Bernard

Quoi de neuf? La peinture! Valérie Delaunay dit qu’elle a tout à apprendre, mais elle en sait assez sur l’art contemporain pour mesurer l’incongruité de la ligne de sa galerie. Quelques amis, qui lui voulaient du bien, ne se sont d’ailleurs pas privés de l’avertir, en 2015, lorsqu’elle a ouvert sa galerie près du Centre Pompidou: «Montrer de la peinture! Tu es folle!». Heureusement, certaines bonnes fées mieux inspirées ont su pousser la passionnée dans sa pente. «Je sentais bien, dit-elle, cette attente pour des jeunes artistes qui auraient l’audace de se confronter aux maîtres classiques, dans la forme la plus traditionnelle de l’histoire de l’art». Avec le soutien amical de Dominique Païni, l’esprit original qui a brièvement dirigé la Fondation Maeght, Valérie Delaunay s’est inspirée d’un historien de l’art lumineux, Daniel Arasse. «Il est mon maître et je tente de suivre son exemple: il a su donner du sens à certains détails que des millions d’yeux n’avaient pas su comprendre. À mon tour, j’essaye de montrer l’invisible dans le visible». Une exposition après l’autre, son autorité a fini par s’imposer. Pour la juriste spécialisée en propriété intellectuelle, qui avait épuisé les charmes de la productivité théorisée par une multinationale des cosmétiques, l’art est d’abord affaire de sensibilités et de questionnements par l’émotion, n’est-ce pas? «Le métier de galeriste, dit-elle, c’est notamment l’art de raconter des histoires». Pour nourrir son discours sur les oeuvres et accompagner les collectionneurs, Valérie Delaunay a pour règle simple de laisser parler les artistes d’abord. «C’est un exercice délicat de guider un artiste sans s’imposer, puis d’amener un amateur à découvrir et à aimer une oeuvre qu’il aurait pu négliger. Dans un cas comme dans l’autre, mon rôle consiste à m’imposer sans le faire remarquer».

Parmi les artistes qu’elle représente, elle cite l’exemple de Timothée Schelstraete, parce qu’il a grandi avec elle, en confiance, jusqu’à imposer ses oeuvres à l’inventaire de prestigieuses collections publiques, ou encore Florence Obrecht dont le travail est un aller–retour incessant entre Grande Peinture, art populaire et art modeste. Quoique le spectre de ses protégés se soit élargi à d’autres médiums, la peinture reste son point fixe. Au coeur de sa programmation, quelques artistes roumains de l’école de Cluj ont attiré les collectionneurs pointus, notamment à l’occasion d’une exposition coproduite avec Estelle Francès, au siège de la Société Générale. «Les collectionneurs français ont su apprécier, chez Radu Belcin et Flavia Pitis, la puissance de cette nouvelle approche de la peinture traversée par l’histoire contemporaine. Il est plus facile de leur montrer désormais qu’elle se retrouve chez d’autres artistes émergents de la galerie», argumente la galeriste, heureuse de pouvoir commencer à récolter les fruits d’un travail à contre-courant. Portrait réalisé dans le cadre de Galeristes 2020


Artistes

Julie Legrand

Florence Obrecht

vase-mike-kelley-2020
Galerie Valérie Delaunay
Florence Obrecht
Vase Mike Kelley, 2020
Ciment, terre cuite e?maille?e

32 × 25 × 27 cm

Timothée Schelstraete

Julien Spianti

Fabien Verschaere

Haythem Zakaria