Galeristes

0:00
0:00

Ils sont Galeristes

Informations

La galerie est ouverte
du mardi au samedi, de 15h à 19h

32, rue Thiers
Fr – 59000 Lille

Portrait par Camille Bardin

Le parcours de Cédric Bacqueville est celui d’un autodidacte. Après avoir arrêté l’école à l’âge de seize ans, le jeune homme intègre un atelier d’encadrement associé à une galerie d’art, au sein duquel il s’épanouit au contact quotidien et familier d’œuvres d’art: «À l’époque, je voulais devenir professeur de dessin. J’étais assez maniaque et plutôt technicien, bon en études analytiques et adroit en dessin de reproduction; mais cela faisait-il de moi un créateur pour autant? Lorsque je suis rentré dans cet atelier d’encadrement, c’était avant tout pour faire des patines et de la dorure, voire parfois de la restauration de tableaux; mais déjà je m’attachais souvent aux œuvres que je voyais.»

Une rencontre a alors tout bouleversé. Un midi, alors qu’il est seul, une jeune femme entre dans la galerie. «Elle était un peu plus âgée que moi, donc devait avoir 25 ans, et portait un foulard sur la tête. Manifestement, elle était atteinte d’un cancer.» À cette inconnue, Cédric Bacqueville vend une peinture. «Cette toile, je l’avais moi-même aimée, à tel point que je l’avais copiée. En la lui vendant, j’ai compris qu’elle lui faisait du bien, qu’elle l’aimait sûrement plus que moi et surtout qu’elle avait eu le cran de l’acheter.» Pour lui, cette vente est une révélation, un coup de foudre pour le métier de galeriste. «Je découvrais qu’une toile pouvait être bien plus utile qu’une machine à laver, car en véhiculant des émotions une œuvre d’art possède la plus grande utilité qui soit: elle nous aide à vivre. Aussi, j’ai déchiré ma reproduction. J’avais en effet compris que je ne m’étais pas offert l’essentiel de la toile — pour ainsi dire la caresse de la main de l’artiste. Car lorsqu’on achète une œuvre on achète aussi toute son histoire. C’est de là que j’ai voulu faire de galeriste mon métier.»

À seulement vingt ans, Cédric Bacqueville est dès lors un galeriste en devenir. Mais il n’en poursuit pas moins son activité dans l’encadrement pour rencontrer ses futur.es collectionneur.ses et développer ses contacts. «J’ai débauché le meilleur encadreur que je connaissais dans la région et j’ai fondé un nouvel atelier. Ainsi, j’ai pu apprendre le métier subtilement et petit à petit, en écoutant mes clients galeristes et en notant les noms des collectionneurs que je rencontrais. Puis, au fil du temps, j’ai commencé à organiser des expositions dans l’atelier. Ce dernier a alors rapetissé, jusqu’à ce que la galerie prenne tellement de place qu’elle l’a englouti totalement.» La galerie Cédric Bacqueville était lancée.

Aujourd’hui âgé de quarante ans, Cédric Bacqueville a donné son nom à l’une des galeries les plus dynamiques des Hauts-de-France. Il n’en demeure pas moins à l’affût d’innovations et d’expérimentations pour mieux faire connaître ses artistes et le monde de l’art. Ainsi s’est-il naturellement engagé dans l’artketing, cette rencontre de l’art et des marques qui le séduit pour sa propension à pousser les artistes à s’épanouir dans des sphères d’activité où la création artistique contemporaine demeure marginale: «C’est particulièrement le cas des marques elles-mêmes, dont je suis convaincu que le potentiel en termes de soutien à la création mais aussi de synergies avec les artistes est grand. Je me suis donc associé à une agence de publicité (Agence WTF, Lille / New-York) pour créer «Club Sentimental», qui aura pour objectif d’élaborer et promouvoir une philosophie alliant art en entreprise et artketing, pour donner un nouveau souffle et de nouvelles possibilités aux collections d’entreprises et aux collaborations.»

Mais au-delà de ces projets, c’est sans doute lorsqu’il avoue à demi-mot être un grand sentimental que l’on comprend fondamentalement qui est Cédric Bacqueville. À lui, donc, de conclure ainsi ce texte: «Quand on est galeriste, on a la sensation d’être garant de l’un des derniers endroits où l’on peut créer sans être frappé par la censure, où l’on peut être libre de penser tout ce que l’on veut. Tout de même, c’est être chanceux que d’avoir comme travail de défendre des émotions — les siennes comme celles des autres.» Portrait réalisé dans le cadre de Galeristes 2019, avec Jeunes Critiques d’Art

Artistes

Butz & Fouque

David De Beyter

Gautier Deblonde

Jules Dedet

Delage + Olson

Delorme

Raphaël Denis

qui-peut-le-plus-peut-le-moins-2015
Galerie Cédric Bacqueville
Raphaël Denis
Qui peut le plus peut le moins, 2015
Sérigraphie sur chromolux

65 × 50 cm
martyrs-bleus-2011
Galerie Cédric Bacqueville
Raphaël Denis
Martyrs bleus, 2011
Plâtre pigmenté

Dimensions variables

Thomas Devaux

rayon-15.77-2018
Galerie Cédric Bacqueville
Thomas Devaux
Rayon 15.77, 2018
Édition imprimée par pigmentation sur papier d'art

200 × 200 cm
rayon-15.77-2018
Galerie Cédric Bacqueville
Thomas Devaux
Rayon 15.77, 2018
Édition imprimée par pigmentation sur papier d'art

160 × 130 cm

Nicolas Dhervillers

Norman Dilworth

Léo Dorfner

Erick Flogny

Qubo Gas

Grisor

Laura Henno (collaboration)

Aurélien Maillard

Sofia

Jan van Munster

miss-blanche-2016
Galerie Cédric Bacqueville
Jan van Munster
Miss Blanche, 2016
Verre blanc, clou, argon, transformateur

200 cm