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Ils sont Galeristes

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Ouvert sur rendez-vous

10, rue Sainte-Anastase
– 75003 Paris

Portrait par Camille Bardin

À la veille de leur soixante-dixième anniversaire, les éditions Cercle d’Art ne sont plus à présenter. Passées dans les mains les plus prestigieuses du XXe siècle — Picasso lui-même a été un moteur considérable dans la création de cette maison — elles conservent aujourd’hui un savoir-faire parachevé d’une ambition toujours grandissante. Peut-être l’actuelle équipe n’y est pas pour rien. Car s’il y a cinq ans, au moment de son arrivée le nouveau directeur,  Aymeric Mantoux récupérait une maison que le temps avait épuisée, son amour pour le verbe et sa ténacité l’ont empêché de se délecter de l’histoire de la marque et d’en délaisser sa qualité. «  Je n’ai jamais eu aucune velléité d’auteur — j’aime trop l’art et la littérature pour me considérer des leurs ! — j’écrivais à époque des livres de journaliste parce que j’aime aller chercher des informations, les mettre en relation. Et Richard Mille, l’un des actionnaires de Cercle d’art, cherchait quelqu’un pour s’occuper de la maison et pour lui apporter le sang neuf d’une personne qui n’était pas du sérail. » Si bien qu’aujourd’hui, l’équipe de Cercle d’Art travaille inlassablement à débusquer les Botero et Zao Wou-ki de demain.

 

Un rôle de passeurs…

 

Chaque année, c’est donc une dizaine de livres qu’édite l’équipe de Cercle d’Art avec une ambition : faire de beaux-livres qui ne soient pas de simples regroupements d’images en accompagnant les lecteurs au moyen de textes lisibles. Pour cela, chaque auteur est consciencieusement choisi en fonction de ses qualités intrinsèques et de la pertinence de son regard sur l’ œuvre de l’artiste. « Nous voulons que nos lecteurs appréhendent nos textes en tant qu’ œuvre littéraire. Pour cela, Il nous faut des écrits qui se valent en soi. Par exemple, pour le livre d’Olivier Masmonteil nous avons confié les textes à deux auteurs : Patrick Wald Lasowski, d’abord pour les correspondances entre les périodes qu’ils étudient et pour son attrait pour la poésie ; et Marie Maertens pour ses connaissances du marché et sa capacité à situer Olivier dans l’histoire de l’art. Notre volonté première est de donner davantage de voix à l’artiste par l’usage du livre. » Si bien que Cercle d’Art ne s’impose aujourd’hui aucune contrainte, laissant à l’artiste la possibilité de s’investir pleinement dans l’élaboration de l’ouvrage. « Nous n’avns ni grille, ni collection, ni format ; ce qui demande un énorme travail à chaque fois mais qui permet aussi de ne pas prendre l’ascendant sur les artistes. »

Si Aymeric Mantoux et son équipe accordent autant de place aux artistes avec qui ils travaillent, c’est qu’ils ne les sélectionnent pas uniquement en fonction de sollicitations marchandes, mais selon l’attachement qu’ils portent à leur œuvre. « Notre travail est de protéger les artistes, indépendamment de toutes pressions du marché, alors tout émane nécessairement de coups de cœur. De la même manière qu’un galeriste, c’est l’alchimie qui prime quand nous sélectionnons les artistes. »

 

… qui ne risque pas de s’épuiser

 

Pour cet ancien journaliste l’emploi de la première personne pour parler du travail de Cercle d’Art est à proscrire. Il lui préfère un « nous » incluant l’ensemble de son équipe. « Il est nécessaire d’être humble quand on est éditeur. Car la star, ce n’est pas nous mais celui qui signe le livre. Le rôle de Cercle d’Art est celui d’un agitateur, le mien est simplement de faire en sorte de passer le relais ».  Portrait réalisé dans le cadre de Galeristes 2018, avec Jeunes Critiques d'Art

Artistes

Olivier Masmonteil