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Galerie d'art digitale


Portrait réalisé par Camille Bardin

Hors-Cadre

Il m'a été difficile de ne pas grimacer lorsqu'on m'a parlé pour la première fois de la galerie digitale Hors-Cadre. En effet, l'ambition, de celles qu'on me présentait comme «deux soeurs», de créer un espace virtuel pour vendre des oeuvres d'art contemporain me paraissait quelque peu caduque. C'est donc pleine de curiosité et d'appréhension que je me suis rendue en février dernier à leur exposition inaugurale au Bastille Design Center.

Ce soir là, Manon et Océane Sailly présentaient les artistes avec qui elles commençaient à collaborer et expliquaient l'entièreté de leurs intentions. Ce soir là, j'ai arrêté de grimacer, grisée par l'excitation qui accompagne les prémices d'une aventure que l'on prévoit grande et mémorable.

Depuis la galerie Hors-Cadre a fait son nid. Elle représente une dizaine d'artistes français au talent certain qu'elles montrent au gré d'expositions et de voyages. Leur postulat de départ, moteur de l'ouverture de leur galerie fait d'ailleurs toujours foi: «À travers nos expériences professionnelles respectives, en galeries d'art et institutions culturelles, et nos échanges avec des artistes et professionnels du monde de l'art, nous avons constaté une forte volonté de dépasser les frontières de l'Hexagone et de tisser un réseau international. Cependant, les artistes n'ont que trop rarement la possibilité de concrétiser cette volonté. Corollaire de cette diffusion restreinte, la scène artistique française contemporaine est actuellement largement méconnue à l'étranger.» Pour y palier, ces deux soeurs ont décidé de proposer un modèle de galerie innovant basé sur la virtualité, l'échange et le rayonnement à l'international. «Nous avons voulu nous débarrasser des impératifs qu'impose une galerie traditionnelle en nous emparant de l'enthousiasme naissant pour la vente d'art en ligne.» 

Néanmoins, loin d'elles l'envie de créer un catalogue numérique. «Nous pensons vraiment nécessaire de proposer un contenu riche autour des oeuvres que nous présentons. L'objectif est donc de découvrir le travail de l'artiste et l'univers dans lequel il évolue. Pour cela nous faisons appel à Quentin Labail, un jeune réalisateur qui filme les artistes au coeur de leur atelier, pour saisir pleinement leur démarche et leur personnalité.» Si la vidéo permet effectivement une plongée immédiate dans un environnement, les deux galeristes commandent également des textes originaux à des critiques d'art. Si bien que les plumes de Julie Crenn, Ingrid Luquet-Gad ou encore Florian Gaité sont venues analyser les oeuvres qu'elles présentent.

Pour autant, si le canal numérique est prodigieux pour diffuser largement des données, le rapport à l'oeuvre reste primordial. Pour surpasser cette problématique, Manon et Océane Sailly cultivent de véritables relations aussi bien avec leurs artistes qu'avec leurs collectionneurs et organisent régulièrement des visites d'ateliers, des diners et des expositions éphémères. «L'idée fondatrice de la galerie est de représenter et promouvoir, aussi bien en France qu'à l'international, la scène émergente française. Dans cette optique, nous développons actuellement deux expositions à l'étranger en collaboration avec des commissaires d'expositions intégrés aux scènes artistiques locales et en nous appuyant sur le réseau culturel français. Les expositions en cours de conception permettront ainsi une mise en regard avec les artistes du pays. L'objectif est de tisser un lacis d'artistes et d'institutions pour créer un terrain fertile de dialogue et d'émulation.»

Les avantages d'une galerie digitale et nomade sont donc nombreux. L'aspect financier n'est pas à omettre; les frais qu'engendre l'existence d'un lieu physique et permanent sont considérables, ces économies permettent un important investissement dans la production des artistes. «Nous sommes très proches de nos artistes et faisons vraiment notre maximum pour les épauler afin qu'aucune contrainte, financière notamment, ne viennent entraver leur créativité.» Ainsi, si la jeunesse rassemble les artistes d'Hors-Cadre, elle n'est pas leur principal dénominateur commun. À l'image de Mathieu Merlet Briand, César Bardoux, et de Konrad Wyberek, l'ensemble de leurs artistes constituent un panel presque exhaustif des mutations de notre monde et de ses représentations. Ici, il est donc davantage question de dépassement de soi. Portrait réalisé dans le cadre de Galeristes 2018, avec Jeunes Critiques d'Art

Expositions

Digital Flow, 2019, photo Mathieu Merlet Briand
Digital Flow, 2019, photo Mathieu Merlet Briand
Exposition inaugurale, Bastille Design Center, 2018
Exposition inaugurale, Bastille Design Center, 2018

Artistes

César Bardoux

Rebecca Brodskis

attrape-moi-si-tu-peux-3-2019
Hors-Cadre
Rebecca Brodskis
Attrape-moi si tu peux #3, 2019
Huile sur lin

162 × 97 cm
de-l-autre-cote-du-barrage-2019
Hors-Cadre
Rebecca Brodskis
De l'autre côté du barrage, 2019
Huile sur lin

162 × 97 cm
discordance-2018
Hors-Cadre
Rebecca Brodskis
Discordance, 2018
Huile sur lin

162 × 97 cm

Clément Denis

Louis Granet

montaigne-2019
Hors-Cadre
Louis Granet
Montaigne, 2019
Acrylique sur toile

170 × 140 cm
avenue-2019
Hors-Cadre
Louis Granet
Avenue, 2019
Acrylique sur toile

170 × 140 cm

Victoria Kosheleva

Opoku Mensah

Mathieu Merlet Briand

Marion Mounic

Nelson Pernisco

Clara Rivault

la-promesse-d-une-promesse-2018
Hors-Cadre
Clara Rivault
La Promesse d'une Promesse, 2018
Bronze

Dimensions variables