Galeristes

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Ils sont Galeristes

Informations

La galerie est ouverte
du mardi au samedi, de 11h à 19h
et sur rendez-vous

5, rue des Haudriettes
Fr – 75003 Paris

Portrait par Pedro Morais

Quand elle vous approche, c'est son œil vif et la franchise de son caractère qui vous saisit. Eva Meyer a cette liberté sans effort de la Parisienne qu'elle est, teintée de traits de caractère plus vifs, sculptés peut-être hors des codes français, pendant sa vingtaine à Londres et New York. L'art c'est chez elle une deuxième peau : « Mon père, Marcel Zerbib, était galeriste et l'éditeur attitré de Man Ray, qui est mon parrain, mais aussi de Hans Bellmer ou de Max Ernst, avec qui il a été colocataire. Après la Résistance, il a vécu le Saint-Germain d'après-guerre où il fréquentait aussi Picabia ou Duchamp, jusqu'aux nouveaux réalistes comme César, Arman ou Spoerri, tout en publiant Sade sous le manteau. » Pourtant, ce qui frappera le plus Eva, ce seront les personnalités des femmes qu'elle a pu rencontrer dans ce contexte : « J'étais impressionnée par l'excentricité de Juliet Man Ray, ses cheveux très courts et ses gauloises sans filtre, par Olga Picabia, très élégante en train de parler d'opium, par Jacqueline Godard, et cette lucidité à préparer elle-même sa part de décès, ou par Dorothea Tanning, veuve d'Ernst, et l'immense parasol dans sa salle à manger. » C'est aussi sa mère, Marion Meyer, arrivée en France en tant que journaliste culturelle allemande, qui poursuivra la galerie dans le VIe arrondissement. Avant de se décider à la reprendre à son tour, Eva fera ses études d'Histoire de l'art à Londres, où elle fait le grand saut dans l'art contemporain à la rencontre d'artistes comme Sarah Lucas ou en voyant la mythique exposition Sensation qui a lancé les Young British Artists en 1997 (« J'étais sidérée, je l'ai vu sept ou huit fois »). Ensuite, ce sera encore New York où elle fera des stages dans des institutions chercheuses comme le PS1 ou le New Museum, avant de revenir à Paris pour plonger dans l'aventure de la galerie. « J'ai toujours eu l'impression qu'il faut faire les choses maintenant, je n'aurai pas une deuxième vie. Ce n'est jamais très réfléchi mais je m'y retrouve. Ce qui m'a guidée dans la rencontre avec les artistes c'est leur sens de la transmission et de la recherche permanente. Si je n'étais pas galeriste, je serais peut-être anthropologue, car j'ai une passion pour les autres, qui que ce soit. La rencontre c'est vraiment tout ce qui m'intéresse. » Portrait réalisé dans le cadre de Galeristes 2016

Expositions

Michel Aubry, Inferno, 2017 © Marc Domage
Alluring shape, tempting spaces, 2017 © Rebecca Fanuele
Give Violence A Chance, Stéphane Bérard, 2017 © Marc Domage
Raw Material, 2017
Jan Kopp, Gespenster, 2016 © Marc Domage