Galeristes

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Ils sont Galeristes

Informations

La galerie est ouverte
du mardi au samedi, de 11h à 13h
et de 14h à 19h

45, rue Jacob
Fr – 75006 Paris

Portrait par Romain Semeteys

Galerie Éric Mouchet

Se réveiller avec un livre sur le travail pictural de Le Corbusier, près de sa table de chevet.

Un matin comme les autres pour Éric Mouchet, pourtant obnubilé depuis deux ans par l'ouverture de sa galerie. Dans son bureau, au 1e étage de l'établissement, c'est sa passion dévorante pour l'Asie qui est frappante, l'espace est rempli de poteries, de bas-reliefs, de livres. Une aventure de tous les jours pour ce passionné pour qui la transmission et le partage sont des valeurs primordiales.

C'est à deux pas de la Suisse, à côté de Genève, qu'Éric Mouchet adolescent révise son bac. Pour s'évader, il fréquente le monde des galeries et visite notamment régulièrement celle de Claude Givaudan. Il y découvre les travaux d'artistes aujourd'hui incontournables comme Takis, Erró ou Meret Oppenheim, qu'il collectionne maintenant. Nous sommes au milieu des années 1970, et cette immersion précoce dans le monde de l'art est probablement le fruit de son éducation au sein d'une famille d'inspiration protestante où les notions de découverte et de transmission sont essentielles. Un bagage culturel qui avait pris son essor dès l'enfance d'Éric, dans la contemplation de livres provenant du Japon, qui le fascinaient et que sa mère, alors directrice de collège, avait reçu en cadeau de diplomates, parents d'élèves fréquentant son établissement.

Une première passion « enfantine », pour l'Extrême-Orient, qui ne le quittera plus. Vraiment plus. Adulte, Éric Mouchet entamera même en Asie une carrière dans ce qu'il appelle lui-même « l'architecture commerciale » pour des marques de parfum prestigieuses : concevoir leurs points de vente dans des grands magasins de Bangkok à Tokyo.

Le Corbusier, mon amour

Des études d'architecture à Grenoble ont amené Éric Mouchet à se questionner sur les rapports entre construction et arts plastiques. C'est à ce moment-là que, pour la rédaction de sa thèse, il cherche un peintre moderne sur lequel apporter un regard neuf et de défricheur. Après différentes réflexions, c'est presque par hasard qu'il découvre alors, que le travail pictural de Le Corbusier reste relativement oublié eu égard à la notoriété de l'architecte. L'oeuvre fait sens, les découvertes sont jubilatoires.

Et c'est ainsi qu'une dizaine d'années plus tard il travaille avec le galeriste Michel Zlotowski, dont la ligne est grandement consacrée à l'art moderne et aux avant-gardes du début du XXe siècle. Ensemble, durant une douzaine d'années ils contribuent à faire mieux connaître le travail de peintre de Le Corbusier. « Faire sortir un artiste et son oeuvre de l'ombre » se révèle une expérience exaltante. Alors, une fois cette mission accomplie, pourquoi ne pas essayer de renouveler cette belle expérience de mise en lumière avec, et au service de très jeunes artistes ?

Possession / Transmission

Depuis l'ouverture de sa galerie en 2014, la programmation d'Éric Mouchet est strictement issue de ses coups de coeur personnels, et bien souvent matérialisée par une acquisition. L'achat d'une oeuvre comme prétexte à initier un projet, des collaborations, des échanges. Il faut avouer qu'Éric a cette passion - viscérale - de la collection. Un besoin irrépressible de posséder pour mieux comprendre, apprécier, communier et communiquer. C'est lors de ses participations à des foires internationales avec Michel Zlotowski qu'il commence à rencontrer et parler avec les jeunes artistes. Il achète ses premières oeuvres contemporaines, et y prend goût.

Grâce à sa galerie, cette envie, s'est aujourd'hui totalement épanouie. Il a maintenant tout loisir de partager ses émotions, notamment via l'édition de catalogues et de livres d'artistes, et bien sûr en premier lieu lors de ses expositions. Il inscrirait volontiers son travail dans la suite de Le Corbusier, qui prônait dans les années 1950 l'idée de la passation de la connaissance en dessinant - symbole de partage - une grande main ouverte « pour recevoir et pour donner ».

The Wrong Gallery

Haut-lieu de l'effervescence culturelle de Saint-Germain-des-Prés des années 1950 et siège historique de très nombreux éditeurs, la rue Jacob était, selon Éric Mouchet, « une belle endormie » quand il y installe son espace à l'automne 2014, entre le quartier des antiquaires et la rue des galeries modernes. Les « conseilleurs » s'étonnent de ce choix - trop peu trendy à leur goût - mais plusieurs galeries contemporaines remarquables sont cependant déjà disséminées dans les environs. Le potentiel du quartier lui semble indéniable et la fréquentation huppée du quartier - locale et touristique - justifie qu'il puisse montrer occasionnellement des pièces historiques d'artistes établis. L'espace de la galerie est agréable à vivre, et c'est un point très important pour Éric Mouchet qui ne compte pas les heures passées dans son bureau. Il lui arrive d'ailleurs parfois de prendre une douche ou de dormir sur place. Non sans une certaine ironie, il a toujours devant lui, sur son bureau, un multiple de Maurizio Cattelan intitulé The Wrong Gallery, qui lui rappelle tout à la fois que le doute salvateur ne l'abandonnera jamais, et quelle difficulté il a eu à nommer sa galerie de son propre patronyme ! Attention, à tant vouloir la bousculer, la rue Jacob - où séjourna un certain Charles-Édouard Jeanneret de 1917 à 1934 - risquerait de s'éveiller... Portrait réalisé dans le cadre de Galeristes 2016

Expositions

Hudinilson Jr., Exercìcio de me ver / Exercice d'introspection, 2017
Mapping At Last, 2017
Samir Mougas, Techno, 2017
Eikoh Hosoe, Brakei, 2016

Artistes

Christine Barbe

Christine Crozat

shinkan-shoes-2014
Galerie Éric Mouchet
Christine Crozat
Shinkan Shoes, 2014
Verre soufflé

23 × 7 × 4,5 cm

Rémi Dal Negro

Matthieu Gafsou

Pierre Gaignard

Alexander Gorlizki

Ken Matsubara

Samir Mougas

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Galerie Éric Mouchet
Samir Mougas
Objet sombre #1, 2017
Plexiglas, plâtre, pigments

100 × 80 × 11 cm
surface-informee-1-2017
Galerie Éric Mouchet
Samir Mougas
Surface informée #1, 2017
Chrome, alluminium, vernis

171 × 80 × 76 cm
Crédit : Robin Lopvet
surface-informee-2-2017
Galerie Éric Mouchet
Samir Mougas
Surface informée #2, 2017
Chrome, alluminium, vernis

171 × 76 × 80 cm
Crédit : Robin Lopvet

Isabelle Plat

Cyril Zarcone