Galeristes

0:00
0:00

Ils sont Galeristes

Informations

La galerie est ouverte
du mardi au samedi, de 14h à 19h
et sur rendez-vous

8, passage des Gravilliers
Fr – 75003 Paris

Portrait par Romain Semeteys

Galerie Sator

Théâtre européen

La pluridisciplinarité poursuit Vincent Sator depuis ses classes préparatoires littéraires en hypokhâgne, où le mélange d’Histoire, de philosophie ou de grec l'enthousiasmait particulièrement. Une année d’échange Erasmus en Italie par-dessus le persuadera de suivre un cycle de sciences politiques à Strasbourg ; avec en prime une spécialisation sur la construction de l’Europe. S’ensuivra un stage à la Commission européenne sur des problématiques d’accompagnement de porteurs de projets culturels dans leurs obtentions de subventions. Vincent Sator développera ainsi une connaissance fine des mécanismes décisionnels supranationaux et des rouages politiques nécessaires au respect des identités locales et des arbitrages transfrontaliers. Ainsi, de manière pragmatique, comment faire pour débloquer des fonds pour une petite troupe de théâtre en région ?

Désormais, c’est sur un autre terrain - lui aussi très théâtral - que Vincent Sator est à la manœuvre. De manière évidente et sincère, il se plaît à participer à différentes foires d’art contemporain. Dans une logique très complémentaire de l’espace de sa galerie, il y trouve un puissant outil d’accompagnement et de promotion de ses artistes. Malgré la pression financière et des dépenses importantes, l’exercice lui laisse des souvenirs plein la tête ; bons ou mauvais, l’amusement est en tout cas de rigueur. Ce type d’événement donne à  Vincent Sator un accès immédiat et indéniable à des personnalités de l’étranger, dans ce qui ressemble finalement à un condensé d’Europe, une organisation entre galeries membres d’un même état provisoire : la foire.

 

Administration mon amour

 

Patrimoine, culture et politique : trois piliers qui caractérisent si bien Vincent Sator depuis ses études. Il se rendra pourtant rapidement compte, après un passage assez formateur au ministère de la Culture pour s’occuper du programme (européen bien sûr) du Printemps des musées, que les différentes voies empruntées par le tandem patrimoine/politique sont très administratives et bureaucratiques.

Trop éloigné des sujets culturels à son goût, il prend conscience qu’au sein des musées et des institutions, les conservateurs ont un rôle-clef, occupant à la fois une dimension pratique et intellectuelle. Héritage hypokhâgneux, il souhaite alors, à 25 ans, se mettre à niveau et maîtriser parfaitement l’Histoire de l’art afin de passer le concours de conservateur. Il travaillera seul, en bibliothèque, en suivant rigoureusement son propre programme structuré et un planning détaillé. Exigeant, il enchaînera ensuite un master d’Histoire de l’art à la Sorbonne puis passera enfin son concours. Il sera pris à l’écrit mais ratera totalement ses oraux. Son profil, que d’aucuns qualifieront de « plateau dégustation », ne passe pas. Vincent Sator n’est définitivement pas assez spécialisé.

En 2005, c’est encore une histoire de bureaucratie, indirecte cette fois-ci, qui se mettra en travers de son chemin. Alors en stage chez Marc Blondeau, fameux courtier installé à  Genève, il apprend que le projet phare sur lequel il espérait collaborer, la fondation François Pinault sur l’île Seguin, ne se fera finalement pas. L’homme d’affaire, dans sa lettre « Je renonce », fustige alors l’immobilisme de l’administration française face à l’entreprenariat. Tant pis, il continuera son « initiation au marché de l’art » auprès du marchand Marc Blondeau, et portera un regard nouveau sur le commerce de l’art et tout son écosystème financier.

 

Témoin actif

 

Fort de cette expérience, il revient à Paris avec l’idée claire et précise d’ouvrir une galerie, mais pas tout de suite. Vraiment pas tout de suite. Dans l’idée, il se donne dix ans pour apprendre, et ouvrir son affaire à 40 ans. Il enchaîne alors quelques entretiens d’embauche en galerie et encaisse les refus, étant désormais trop âgé pour un stage et trop juste en expérience pour prendre des responsabilités. Avec sa soif de travail gigantesque, Vincent Sator commence vraiment à en avoir marre de ces déconvenues perpétuelles.

Après différentes péripéties, il rencontre Dianne Beal, une Américaine fraîchement débarquée à Paris, spécialisée dans l’avant-garde russe, qui souhaite ouvrir une galerie d’art. Ils s'associeront tous deux en 2007 pour ouvrir un espace dans la capitale, rue Debelleyme (avec dix ans d’avance sur son planning initial !). Après trois ans d’exercice, Vincent Sator sera définitivement convaincu d’ouvrir sa propre maison, motivé par l’indépendance et la prise de décision autonome.

Le quartier du Marais s’imposera bien sûr à lui, avec une formule plus souple, fonctionnelle. la galerie Sator ouvrira ses portes en 2011, dans le passage des Gravilliers, à côté d’autres confrères. Orientée tout de suite vers l’international, avec des artistes émergents venant de Russie, de Chine, et de France bien sûr, la galerie se fait tranquillement un nom en se développant assurément, sans précipitation.

Aujourd’hui, en prenant du recul après six ans d’existence, Vincent Sator appréhende plus clairement son positionnement artistique. Sensible à une dimension historique, politique et sociale, les œuvres qu’il présente racontent souvent une histoire convaincante, quelque chose de l’ordre de la recherche identitaire dans la globalité. On peut retrouver une idée de résistance, d’insoumission, surement influencée par un héritage familial fort (sa grand-mère organise notamment des voyages d'intellectuels français en Espagne pendant la guerre civile).

Une fois par an, Vincent Sator publie une édition, cet objet formidable de rayonnement du travail de l’artiste hors de la galerie. Un autre moyen de témoigner de son temps, de créer un sens, d’acter quelque part l’histoire qu’il construit. Depuis quelque temps on sent bien, dans les formats de récentes expositions, que les artistes et le galeriste souhaitent pousser les murs de cet édifice. Ensemble, ils développeront prochainement d’autres outils de travail, c’est évident. Portrait réalisé dans le cadre de Galeristes 2017

Expositions

Raphaël Denis, Europa, 2017 © Grégory Copitet
Raphaël Denis, Europa, 2017 © Grégory Copitet
Truc-Anh, Le Céleste du terrestre, 2017 © Grégory Copitet
Evangelia Kranioti, L'extase doit être oubliée, 2017 © Grégory Copitet
Gabriel Leger, Solve + Coagula, 2016 © Grégory Copitet
Raphaël Denis, La Loi Normale des erreurs et développements, 2015 © Grégory Copitet
Éric Manigaud, Madge Donohoe - Skotographs, 2015 © Grégory Copitet

Artistes

Jean-Marc Cerino

Sylvain Ciavaldini

Muriel Décaillet

Raphaël Denis

grand-europa-2017
Galerie Sator
Raphaël Denis
Grand Europa, 2017
Acier, béton, plomb

Dimensions variables

Yevgeniy Fiks

van-dyck.-susanna-fourment-and-her-daughter-2011
Galerie Sator
Yevgeniy Fiks
Van Dyck. Susanna Fourment and her daughter, 2011
Impression sur métal

40 × 30 cm

Yan Heng

Kristina Irobalieva

Evangelia Kranioti

Hayoun Kwon

pan-mun-jon-2013
Galerie Sator
Hayoun Kwon
Pan Mun Jon, 2013
Film d'animation couleur, muet

16/9

Gabriel Leger

le-nom-de-dieu-2017
Galerie Sator
Gabriel Leger
Le Nom de Dieu, 2017
Carte routière de l'Inde (1942), voix sur bande magnétique, magnétophone à bobines, amplificateur, enceintes, table de camp, chaise

Dimensions variables
all-worlds-2016
Galerie Sator
Gabriel Leger
All Worlds, 2016
Cire d'abeille, acier, marbre

82 × 30,4 cm

Éric Manigaud

Nazanin Pouyandeh

Truc-Anh