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Informations

La galerie est ouverte
du mardi au samedi, de 11h à 19h
et sur rendez-vous

54, rue Chapon
Fr – 75003 Paris

Portrait par Sarah Ihler-Meyer

Semiose

Sarah : Quelle est selon vous la particularité de Semiose ?

Benoît : Ce qui est particulier dans la galerie, c'est que je travaille à la fois avec de jeunes artistes, comme Amélie Bertrand et Laurent Le Deunff, des artistes confirmés tels que Françoise Pétrovitch ou Ernest T., mais aussi avec des artistes historiques et de stature internationale. Je pense notamment à Piero Gilardi, qui est le premier théoricien et créateur de l'Arte povera, mais aussi à André Raffray, figure emblématique de l'appropriationnisme qui a réalisé l'un des chefs-d'œuvre de l'édition contemporaine avec La Vie illustrée de Marcel Duchamp (1977). Par ailleurs, Semiose c'est aussi une maison d'édition, initiée il y a maintenant vingt ans ainsi qu'un site internet consacré à la vente d'éditions en ligne : « prints, things and books ». Ce qui caractérise les contours des choix éditoriaux c'est que je me comporte en « amateur d'art », en privilégiant un rapport d'intimité aux œuvres, un côté irraisonnable et irraisonné davantage que scientifique.

Sarah : Vous représentez des artistes de différentes générations mais qui partagent un certain nombre de préoccupations. Pouvez-vous nous dire desquelles il s'agit ?

Benoît : La plupart des artistes que je représente sont extrêmement cultivés, ils témoignent d'une passion démesurée pour l'Histoire de l'art et ne cessent de faire des allers-retours entre culture populaire et savante. Par ailleurs, il s'agit d'artistes qui aiment se faire surprendre par le travail d'atelier et dont les œuvres manifestent une grande inventivité plastique. Autant de personnalités singulières et combattantes qui interrogent avec humour et ironie les hiérarchies culturelles, le statut de l'auteur, de l'image et de sa reproduction, comme par exemple avec Steve Gianakos et Hippolyte Hentgen, mais aussi la nature du décoratif et de l'ornement, comme cela est le cas avec Christian Babou et Sébastien Gouju.

Sarah : Y a-t-il un type d'œuvre en particulier qui retient votre attention ?

Benoît : Je n'ai pas de goût particulier pour les objets surproduits, trop sophistiqués ou surfabriqués. Je préfère davantage le bricolage et des savoir-faire à la fois évidents mais discrets, comme en témoignent par exemple les assemblages de Présence Panchounette ou les rapprochements d'images de documentation de Céline Duval. Autant de gestes simples mais requérant une maîtrise plastique, une finesse de regard et d'attention. Ce qui fait que j'aime une œuvre, c'est que je n'en saisis pas tous les contours, ni tous les tenants et les aboutissants. D'ailleurs, je préfère que les collectionneurs qui viennent chez moi aient un doute sur les œuvres qu'ils achètent, car ils l'apprécieront ainsi davantage et plus longtemps.

Sarah : Comme vous l'évoquiez précédemment, Semiose est aussi une maison d'édition. Pouvez-vous nous parler du travail éditorial que vous menez ?

Benoît : Formé à l'École Estienne dès l'âge de 15 ans en gravure, je viens de l'image imprimée, d'où l'obsession récurrente pour ce que sont une image et sa reproduction. Ayant tout d'abord travaillé pour d'autres en tant qu'imprimeur puis en tant qu'éditeur à mon propre compte, j'ai édité depuis 1998 une soixantaine de livres sur des artistes dont je suis proche, comme Martine Aballéa, Philippe Mayaux, Guillaume Pinard ou Vincent Labaume. Petit à petit, avec les préoccupations de la galerie, la maison d'édition est devenue un appui aux artistes que je représente. À cette activité s'est ajoutée en 2016 la publication d'une nouvelle revue intitulée « Please to meet you ». Conçue comme un journal de fan, il s'agit ici de se détacher des catalogues traditionnels et de mettre la parole de l'artiste au centre, notamment sous forme d'entretiens, mais aussi de réunir une iconographie plus directe et plus sensible, qui tourne autour de l'atelier, des amis et du quotidien, avec en outre un texte critique et un corpus d'œuvres présenté de manière plus académique, mais sans le moindre C.V., ni dates de naissance et de mort. À travers cette documentation, souvent inédite, l'enjeu est de raconter une autre histoire de l'art. L'idée de faire vivre certaines publications indépendamment de la programmation de la galerie afin de les rendre plus autonomes a également abouti à la création de « color me », album de dessin à colorier par les artistes et à destination des enfants. Les artistes qui y participent sont très variés et permettent de comprendre les généalogies d'artistes dont je défends le travaille à la galerie ou que je collectionne.

Sarah : De nombreux collectionneurs fréquentent votre galerie. Quelle en est selon vous la typologie ?

Benoît : La typologie des gens qui fréquentent la galerie est très variée : il s'agit aussi bien d'amateurs que de professionnels voulant compléter un corpus ou venant chercher des œuvres exceptionnelles d'artistes pour l'instant minorés mais dont ils sont persuadés de l'importance. Dans tous les cas, j'ai la chance d'avoir affaire non pas à des spéculateurs mais à des personnes passionnées, qui aiment l'art et se faire surprendre, et dont les centres d'intérêt sont très différents les uns des autres. Dans l'idéal, j'essaie de permettre aux collectionneurs de constituer des ensembles et de suivre des artistes dans le temps. Ce qui est certain, c'est que je ne montre que ce que j'aime : je fais en sorte de vendre non pas des produits mais de vraies œuvres que j'aurais gardées si j'en avais eu les moyens.

Sarah : Quel est selon vous le rôle d'un galeriste ?

Benoît : Une galerie qui me fascine, dans l'ensemble de son œuvre, c'est Iris Clert. Pourquoi ? Parce qu'elle a montré les pires et les meilleurs artistes, mais toujours avec la même conviction, le même engagement et une incroyable liberté de ton. Ce qui est sûr, c'est qu'une galerie est une forme d'autoportrait. Pour ma part, je considère ma galerie comme une sorte de commerce de proximité, une épicerie fine dont je connais les graines, la façon dont elles ont été arrosées, les fruits qu'elles ont donnés, ceux qu'il faut garder ou mettre de côté. Ce que j'aime, c'est la sincérité du travail accompli, de l'accompagnement et de la croyance investie dans chacun des artistes. Portrait réalisé dans le cadre de Galeristes 2016

Expositions

Françoise Pétrovitch, Sonatines en rouge et rose, 2017 © A. Mole
Laurent Proux, Line-Off Ceremony, 2017 © A. Mole
Stefan Rinck, Metaphysical Casino, 2017 © A. Mole
Guillaume Dégé, 2017 © A. Mole
Steve Gianakos, Figures On A Knife Edge, 2017 © A. Mole

Artistes

Christian Babou

Amélie Bertrand

William S. Burroughs

Guillaume Dégé

documentation céline duval

vu-lloret-de-mar-2015
Semiose
documentation céline duval
Vu ! Lloret de Mar, 2015
Tirage pigmentaire sur papier Fine Art Barita contrecollé sur dibond

53 × 80 cm
vu-rambla-de-las-flores-2015
Semiose
documentation céline duval
Vu ! Rambla de las Flores, 2015
Tirage pigmentaire sur papier Fine Art Barita contrecollé sur dibond

53 × 80 cm
vu-six-fours-la-plage-2015
Semiose
documentation céline duval
Vu ! Six-Fours la plage, 2015
Tirage pigmentaire sur papier Fine Art Barita contrecollé sur dibond

53 × 80 cm

Oli Epp

social-drinker-2017
Semiose
Oli Epp
Social Drinker, 2017
Huile, acrylique et peinture aérosol sur toile

80 × 60 cm

Steve Gianakos

Piero Gilardi

Sébastien Gouju

Hippolyte Hentgen

Thomas Lanfranchi

Laurent Le Deunff

Françoise Pétrovitch

enracinee-2017
Semiose
Françoise Pétrovitch
Enracinée, 2017
Bronze, socle en béton brut de décoffrage, végétation et système hydraulique

200 cm de haut
sans-titre-2017
Semiose
Françoise Pétrovitch
Sans titre, 2017
Huile sur toile

60 × 81 cm
Crédit : A. Mole

Abraham Poincheval

pierre-2017
Semiose
Abraham Poincheval
Pierre, 2017
Pierre de Volvic sculptée

80 × 29 × 59 cm
Crédit : A. Mole
vigie-urbaine-2016
Semiose
Abraham Poincheval
Vigie urbaine, 2016
Tirage argentique contrecollé sur dibond, encadré

100 × 150 cm
vigie-urbaine-2016
Semiose
Abraham Poincheval
Vigie urbaine, 2016
Tirage argentique contrecollé sur dibond, encadré

100 × 150 cm

Présence Panchounette

black-light-pour-visages-pales-1980-1990
Semiose
Présence Panchounette
Black light pour visages pâles, 1980-1990
Lampe de bureau, masque africain, néon

Dimensions variables

Laurent Proux

André Raffray

Stefan Rinck

chained-fret-2009
Semiose
Stefan Rinck
Chained Fret, 2009
Diabase et métal

20 × 50 × 15 cm
Crédit : A. Mole
hydramonk-2014
Semiose
Stefan Rinck
Hydramonk, 2014
Grès

50 × 20 × 15 cm
Crédit : R. Fanelli
siegfried-n-9-2010
Semiose
Stefan Rinck
Siegfried n°9, 2010
Roche dolomitique d'Anröchte

40 × 42 × 28 cm
Crédit : R. Fanelli

Ernest T.

Taroop & Glabel

Julien Tiberi

Beat Zoderer

kreuzweise-n-1-09-2009
Semiose
Beat Zoderer
Kreuzweise n°1/09, 2009
Acrylique sur aluminium

200 cm de diamètre