Galeristes

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Informations

La galerie est ouverte
sur rendez-vous

1, rue de Chazelles
Fr – 75017 Paris

Portrait par Daniel Bernard

Le fil de l’histoire du fiber art s’est rompu en France, quelque part dans les années 1980, a observé Eva Taieb qu’elle travaillait dans le milieu de la mode. Le renouer, la fondatrice de la Fibery s’y attache, depuis 2018. Sans perdre son énergie à tricoter un business plan, elle a tissé ses premiers liens. Avec des artistes, désireux de sortir des cases «artisanat» et «ouvrage de dame». Avec des collectionneurs aussi, qui partageaient son intérêt pour le textile, sous toutes ses formes. «J’ai trouvé une cause à défendre qui fait sens dans mon parcours de vie!», jure-t-elle, après avoir ajusté son modèle.

Après quelques mois dans un espace trop petit pour donner libre cours à ses envies de montrer des oeuvres, aux abords de la place de la République, Eva Taieb a pris le pli de partir au-devant de ses clients. Dans des lieux atypiques, dans des grands hôtels aussi, partout où des yeux peuvent se laisser surprendre. La fibre commerciale, elle l’a en elle. Afficher ses prix, pour activer la vente en ligne, ne la gêne pas. «J’ai quitté l’univers de la mode parce que la course à la profusion a progressivement déshumanisé le processus créatif. Je retrouve dans l’oeuvre d’art le caractère unique de la création et la lenteur qui l’accompagne!», assure-t-elle avec juste ce qu’il faut de candeur, proposant visite d’atelier et présentation à domicile.

À la Fibery, le travail de décloisonnement de l’art textile se fait au petit point. Avis aux collectionneurs de Louise Bourgeois, Sheila Hicks, Annette Messager: Eva Taieb n’est pas dans la redite. Montrer des organes génitaux ou des coeurs, ces artistes l’ont déjà fait et bien fait. Les artistes que représente Eva Taieb n’utilisent pas le textile comme allégorie de la condition féminine, mais pour traiter écologie, mémoire, transmission… Ainsi de Clarence Guena, jeune plasticien né en 1987, qui superpose des canevas chinés, les recouvre partiellement de résine avant de les attaquer à la fraiseuse, revisitant l’histoire de la peinture. Photographies, dessins, sculptures, peintures, installations: aux confins de la broderie et du tissage, les oeuvres qu’Eva Taieb propose sont sensuelles et organiques, toujours poétiques.

La fille de couturière, avec cette fraîcheur d’autodidacte, part aussi à l’assaut des institutions, telles que la Manufacture de Roubaix, le musée Jean-Lurçat de la tapisserie contemporaine à Angers, le musée des Tissus de Lyon et, à Cholet, le musée du Textile et de la Mode. Ou encore à la Fondation Villa Datris, intéressée par une pièce évoquant le recyclage avant d’apprendre que l’artiste avait utilisé un fil distribué par… Raja. Portrait réalisé dans le cadre de Galeristes 2020

Expositions

Sofitel Paris le Faubourg, Mutations, Paris, 2020.
Sofitel Paris le Faubourg, Mutations, Paris, 2020.
Sofitel Paris le Faubourg, Mutations, Paris, 2020.

Artistes

Lili Bel

Cynthia Bridé

Xavier Brisoux

Françoise Giannesini

Frédérique Gourdon

Andie Grande

Guacolda

Clarence Guéna

sans-titre
The Fibery Gallery
Clarence Guéna
Sans titre
Canevas chinés, résine, gravure manuelle sur bois

69 × 42 × 5 cm

Solange Jungers

Esther Michaud

N'guyen Van Tham

Laurent Nicolas

Annita Romano

Sabatina Leccia & Alix Waline

Marta Santos

Aurore Thibout