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Informations

La galerie est ouverte du
mardi au vendredi, de 12h à 19h 
et le samedi de 12h à 18h30

66, rue Notre-Dame-de-Nazareth
Fr – 75003 Paris

Portrait par Henri Guette

mfc-michèle didier

Le livre d’artiste, une oeuvre d’art avant tout

Il a fallu presque dix ans pour que l’espace parisien de mfc-michèle didier se dote d’une bibliothèque. Pour une maison d’édition cela pourrait paraître long ou surprenant, mais comme Michèle Didier aime à le rappeler, en citant Guy Schraenen, le livre d’artiste est une oeuvre d’art avant tout. En trois lettres et un clin d’oeil au Bauhaus, mfc tient pour «maîtres de forme contemporains» et témoigne de la volonté de proposer des objets nouveaux, livres ou multiples. Fondée en 1987 à Bruxelles, la maison peut se targuer d’un catalogue prestigieux et international où les 14000 pages de La Trilogie d’On Kawara voisinent avec les 25 volumes de One Billion Color Dots de Robert Barry. Les livres voyagent a priori facilement, ils pallient au manque de lieux d’exposition et offrent, comme le soulignait Stanley Brouwn dans les années 1960, la liberté à moindre frais de disposer d’un espace et d’un temps. Mais à ces avantages s’oppose aussi la difficulté —d’autant plus grande pour une maison indépendante— de présenter ces éditions au public et de les distribuer.

Le livre est un objet clos dont il faut tourner les pages pour le connaître. Pour des raisons de conservation, cela n’est pas toujours possible et contribue parfois à une mise à distance. D’abord présente dans des foires d’art contemporain, Michèle Didier a cherché à répondre à ces problèmes à travers des dispositifs spatiaux pensés avec les artistes. Claude Closky inaugura ainsi l’espace parisien en déroulant un leporello le long des murs. Ce travail de présentation, qui redéveloppe autrement le contenu du livre, valorise un objet intime. L’engagement de l’éditrice auprès de ses artistes s’inscrit dans un temps long. Le processus demande de la patience, une capacité à construire un dialogue critique et une bonne dose d’obstination. Le livre d’artiste touche à quelque chose de très profond, en cela qu’il est à la fois oeuvre et réflexion sur une pratique, note Michèle Didier qui parle ainsi de «matrice». Oeuvre au carré en quelque sorte, il s’agit —notamment pour Saâdane Afif— d’un investissement intellectuel très personnel. L’expérience de ces livres, de ces oeuvres, appelle des lecteurs particuliers mais toujours fidèles aux rendez-vous. Portrait réalisé dans le cadre de Galeristes 2020

Artistes

Saâdane Afif

the-fountain-archives
mfc-michèle didier
Saâdane Afif
The Fountain Archives
Document encadré

26,5 × 31 cm

Robert Barry

somethings-that...-2016
mfc-michèle didier
Robert Barry
Somethings That..., 2016
Set de trois volets déposés dans un portefeuille en carton mécanique

28 × 21,5 cm

Bernard Bazile

cinema-permanent-1988-94-2019
mfc-michèle didier
Bernard Bazile
Cinéma Permanent, 1988-94/2019
Tirage photographique

28,8 × 40,8 cm

On Kawara

trilogie-1967-2007
mfc-michèle didier
On Kawara
Trilogie, 1967/2007
Tirage photographique. 36 volumes en 3 boîtiers en bois

21 × 14,8 cm

Annette Messager

ma-collection-de-proverbes-1974-2012
mfc-michèle didier
Annette Messager
Ma collection de proverbes, 1974 - 2012
15 proverbes brodés sur coton blanc naturel

28 × 35 cm