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<p>La librairie est ouverte<br />du mardi au samedi, de 10h &agrave; 19h,<br />et le dimanche, de 14h &agrave; 19h</p>14, rue des Filles du Calvaire
Fr – 75003 Paris

<p>Portrait par Gr&eacute;goire Prang&eacute;</p>

Yvon Lambert
<p class="Corps">1966. &Agrave; tout juste 30 ans, Yvon Lambert ouvre sa premi&egrave;re galerie parisienne, dans le quartier de Saint-Germain-des-Pr&eacute;s, rue de l&rsquo;&Eacute;chaud&eacute;. Sans le savoir, Paris accueille alors une personnalit&eacute; qui marquera profond&eacute;ment son paysage artistique, durablement, jusqu&rsquo;&agrave; aujourd&rsquo;hui. Galeriste passionn&eacute;, marchand g&eacute;nial, collectionneur amoureux, libraire et &eacute;diteur inspir&eacute;, il fait partie de ces monstres sacr&eacute;s qui forcent l&rsquo;admiration sur plusieurs g&eacute;n&eacute;rations : l&rsquo;on peut le dire &agrave; pr&eacute;sent, sans sourciller, il n&rsquo;a pas d&eacute;m&eacute;rit&eacute; de ses plus grands mod&egrave;les, Vollard et Kahnweiler.</p> <p class="Corps">Yvon Lambert vient de Saint-Paul de Vence, cit&eacute; natale, lieu d&rsquo;initiation, premi&egrave;res rencontres esth&eacute;tiques au c&oelig;ur d&rsquo;une r&eacute;gion marqu&eacute;e par l&rsquo;art moderne, avec notamment l&rsquo;influence essentielle de la toute proche Fondation Maeght. N&eacute; d&rsquo;une m&egrave;re &eacute;pici&egrave;re et d&rsquo;un p&egrave;re chauffeur de taxi, ce n&rsquo;est pas au sein de la cellule familiale qu&rsquo;il d&eacute;couvre l&rsquo;art, mais dans la rue, au fil des pages de revues d&eacute;vor&eacute;es compulsivement, au c&oelig;ur des mus&eacute;es arpent&eacute;s inlassablement. L&rsquo;histoire raconte qu&rsquo;il aurait acquis sa premi&egrave;re &oelig;uvre &agrave; 14 ans, avec son premier salaire. L&rsquo;art semble pour lui une &eacute;vidence, une n&eacute;cessit&eacute; visc&eacute;rale.</p> <p class="Corps">C&rsquo;est &agrave; Vence qu&rsquo;Yvon Lambert fait ses premi&egrave;res armes, avec une galerie ouverte en 1962 place du Grand-Jardin. Jean Cocteau dessine le carton de l&rsquo;exposition inaugurale:&nbsp; <em>Dessins de Modigliani </em><em>&agrave; </em><em>Picasso</em>, et cet espace voit passer en quelques ann&eacute;es divers artistes de la r&eacute;gion ni&ccedil;oise, tels Auguste Chabaud ou Robert Malaval. Peu de temps apr&egrave;s, Yvon Lambert sent souffler un vent d&rsquo;Am&eacute;rique, ce sont les balbutiements d&rsquo;une nouvelle &egrave;re, la naissance de l&rsquo;art minimal, de l&rsquo;art conceptuel et du land art, les trois piliers de sa collection. Il arrive &agrave; Paris en 1966, d&rsquo;abord dans le 6<sup>e</sup> arrondissement, pendant 10 ans, puis dans le 3<sup>e</sup>, rue du Grenier-Saint-Lazare. Il y investit en 1977 un nouvel espace, dans le but d&rsquo;y pr&eacute;senter des artistes d&rsquo;avant-garde, tels Tony Smith ou Sol Le Witt. Encore 10 ans. En 1986, Yvon Lambert d&eacute;m&eacute;nage non loin de l&agrave;, rue Vielle-du-Temple. Les ann&eacute;es 2000 sont celles de l&rsquo;internationalisation, avec l&rsquo;ouverture d&rsquo;un espace &agrave; New York en 2003, et la pr&eacute;sence &eacute;claire &agrave; Londres en 2009. Riche histoire d&rsquo;une galerie devenue mythique, qui s&rsquo;&eacute;teint en 2014 dans un coup de tonnerre: <em>&laquo;Friday, bloody Friday&raquo; </em>annonce Val&eacute;rie Duponchelle.</p> <p class="Corps">Carl Andre, Miquel Barcel&oacute;, Bertrand Lavier, Anselm Kiefer, Barbara Kruger, Bertrand Lavier, Lawrence Weiner, Niele Toroni, Andres Serrano, On Kawara, Nan Goldin, Douglas Gordon, Mircea Cantor, Roman Opalka, Giulio Paolini et tant d&rsquo;autres: la programmation d&rsquo;Yvon Lambert rel&egrave;ve de l&rsquo;overdose, son intuition, du g&eacute;nie.</p> <p class="Corps">Infatigable, il s&rsquo;investit encore activement, d&rsquo;une part, au sein de sa collection, ouverte au public en 2000 &agrave; Avignon et donn&eacute;e &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat en 2012, et dans sa librairie inaugur&eacute;e en 2001 et install&eacute;e depuis 2017 rue des Filles du Calvaire. Il continue ses rencontres et collaborations avec les artistes, reconnus et prometteurs (David Horvitz,&nbsp;Romain Laprade,&nbsp;Quentin Lefranc, Nigel Peake, Philippe Weisbecker) avec lesquels il organise des expositions, produit des livres et &eacute;ditions. Dans cette passion du livre, de l&rsquo;&eacute;dition de beaux ouvrages, on retrouve une intuition familiale, et un amour aujourd&rsquo;hui partag&eacute; avec sa fille &Egrave;ve et magnifiquement illustr&eacute; par le titre de sa premi&egrave;re collection, initi&eacute;e en 1992,&nbsp;<em>Une r&ecirc;verie &eacute;man&eacute;e de mes loisirs. <br /></em></p> <p class="Corps">C&rsquo;est finalement avec une excitation teint&eacute;e d&rsquo;admiration que nous attendons la proposition d&rsquo;Yvon Lambert pour&nbsp;<em>Galeristes</em>, lui qui n&rsquo;avait pas &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent en foire depuis bien longtemps. Il y pr&eacute;sentera l&rsquo;artiste Nathalie du Pasquier avec laquelle il a entam&eacute; sa collaboration depuis 2011, &agrave; l&rsquo;occasion du nouveau parcours Anthologie de l&rsquo;art fran&ccedil;ais.</p> <p class="CorpsAA">Il est 14h53 et dans mes &eacute;couteurs une m&eacute;lodie monte <em>crescendo</em>, <em>The Show Must Go On</em>. <span style="color: #ffcc00;">Portrait r&eacute;alis&eacute; dans le cadre de Galeristes 2019, avec Jeunes Critiques d&rsquo;Art</span></p>