Galeristes

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Récit

Ma découverte de l’art est directement liée au phénomène de la collection. En effet, j’ai été véritablement « happé » par l’art dès ma première visite d’une salle de « Peintures modernes », à l’âge de treize ans, à l’Hôtel Drouot. Aussi sûrement qu’un amoureux des animaux ne peut arpenter un chenil de la Spa sans désirer spontanément ramener chez lui tous ces animaux abandonnés, encore aujourd’hui j’ai l’impression que les œuvres mises à l’encan par des propriétaires ne les aimant plus, ou ne pouvant plus les assumer, m’appellent et me murmurent à l’oreille : « Emporte-moi dans ta maison, s’il te plaît »…

Peu après, en classe de troisième, je rencontrai pour la première fois un artiste, un de mes camarades de classe, à qui ses parents laissaient à disposition une pièce adjacente à sa chambre, qui lui servait d’atelier. Plus qu’à ses devoirs, il travaillait furieusement et avec acharnement à sa peinture. Nous avions quatorze ou quinze ans ; je lui donnai pendant toute l’année la moitié de mon argent de poche en échange d’une œuvre par mois. Je les ai toujours.

Pour moi, la véritable relation à l’art est quotidienne, domestique, intime. Je ne connais vraiment (un peu) que les œuvres avec lesquelles je vis, que j’ai accrochées et dont je découvre, à l’improviste, une nouvelle facette à chaque nouvelle vision impromptue. Comme des amis fidèles, ou des membres de la famille, notre relation s’approfondit au fil du temps, s’enrichit, s’enracine, me constitue au bout du compte.

J’ai fondé Galeristes en 2016 pour mettre à l’honneur ces passeurs indispensables entre les artistes et le public, mais aussi encourager de nouvelles vocations de collectionneurs. En effet, le battage médiatique autour de quelques records aux enchères, la visibilité accordée à une poignée de spéculateurs, tend trop souvent à occulter la réalité de l’engagement profond, sincère et désintéressé que partagent les collectionneurs et les galeristes que je rencontre quotidiennement. Leur permettre d’échanger autour de leur passion commune, l’art, de se rencontrer afin de développer ultérieurement leur relation dans son cadre naturel, la galerie, sont les motifs qui guident cette manifestation d’un genre nouveau, imaginé par des collectionneurs pour des collectionneurs, confirmés, naissants ou en devenir.

« Tout amateur d’art est un collectionneur qui s’ignore », pourrais-je revendiquer. Pour cette raison, Galeristes entend participer à découpler l’idée de collection de celle de fortune. Si l’amateur peut y trouver des œuvres à tous les prix, selon ses moyens (même si le véritable collectionneur achète bien souvent au-dessus de ses moyens…), celui qui voudrait y effectuer un premier achat est fortement encouragé. Par la proximité et la disponibilité des galeristes, tout d’abord, mais également par la section que nous réservons aux « œuvres à moins de mille euros », réglables en plusieurs fois sans frais, qui permet d’assouvir son désir ou sa passion dès quelques dizaines d’euros par mois. 27 octobre 2017